lundi 29 août 2011

-390°-


Vendredi soir nous avons rejoint Max ainsi qu'Eric, étudiant de France, au "People's Square" où nous avons trouvé un très bon restaurant japonais. Nous avons ensuite marché en direction du "Bund" afin d'y trouver le "Zeal". Comme c'est souvent le cas, la recherche ne fut pas sans difficultés, mais nous avons fini par trouver ce bar avec sa terrasse bénéficiant d'une vue panoramique sur le "Bund". Nous admirions les nuages traversant l'immeuble en forme de décapsuleur lorsque deux amis de Massimo, des Français travaillant ici, on rejoint notre table. Ceux-ci nous ont aidé à entrer dans le "M1nt club", apparemment la plus grande boîte de Shanghai, qui peut dès lors s'accorder le choix de laisser entrer ou non, tant l'endroit est prisé. Beaucoup d'Européens, de la musique R&B assourdissante, un grand aquarium contenant des requins, une vue sur la ville illuminée, ... Le "M1nt" a de quoi séduire. Mais, j'étais fatigué de la journée, et, bien que les mecs soient vraiment sympas, c'est difficilement comparable aux sorties avec ses amis proches.

Le lendemain nous avons quitté l'hôtel aux alentours de midi suite à la soirée tardive de la veille et quelques précipitations intenses. Nous avons fini par rejoindre Max et Sebastian, autre étudiant allemand, au sein de la "French Concession" où nous avons trouvé un endroit servant des repas à l'allure européenne. Après une promenade autour du "Jing'an Temple", nous sommes rentrés à nos logements respectifs afin de nous préparer pour la soirée d'accueil organisée par l'université. Les présentations étant en Chinois, nous ne sommes pas restés longtemps, mais, ce fut l'occasion de rencontrer les quelques 15 étudiants en échange présents. Nous sommes tous allés manger au Japonais de la veille, avant de nous promener longuement dans les rues de Shanghai à la recherche du "Muse club". Boissons aux prix avantageux, musique house/dance, compagnie nombreuse, l'atmosphère m'a plu bien davantage que la veille. J'étais particulièrement content de faire la rencontre de quelques filles de France, car rien à faire, c'est avec le sexe féminin que je me sens le mieux. Une nuit géniale au cours de laquelle j'ai dansé joyeusement avec Sarah, Christine, Mélodie, Anne-Charlotte, Valentina, et qui s'est prolongée jusque 04:00.

Hier, après une courte nuit, nous avons quitté définitivement l'hôtel près de "Zhongshan Park" et nous avons pris un taxi afin de faciliter le déménagement jusqu'à notre appartement situé le long de la "Suzhou River". Moderne, spacieux, au 10e étage, bien situé, il a tout pour plaire. Ne suffit plus qu'un passage chez Ikea, et je me sentirai complètement installé, posé. Pour le déjeuner, nous avons été sur la "Nanjing Road", alors que le soir nous avons mangé chinois quelque part dans la "French Concession". Je pensais que le repas serait suivi d'un verre dans un bar, mais il s'avère que c'est dans un autre club que nous nous rendions ensuite, le "No. 88", où les boissons nous furent offertes et où nous avons dansé jusque 01:00.

Aujourd'hui commençaient les cours, c'est-à-dire levé tôt, métro bondé, découvertes, nouveau rythme, ... Craintes? Non. Curiosité? Oui!

{Pensée pour mon chéri qui partage mes joies et mes peines - devenues plus rares - depuis 3 mois}

vendredi 26 août 2011

-389°-


J'ignore si c'est le rythme effréné de la ville ou l'excitation intérieure, mais, le temps passe à une allure folle. Quitter l'hôtel, se rendre à quelque endroit, rentrer à l'hôtel, et voilà que toute une après-midi vient de s'écouler devant nos yeux. Une fois le soleil couché et la ville éclairée, on sort pour le dîner et peut-être un verre et vient déjà un terme à une autre journée.

Hier nous avons commencé par nous rendre à l'appartement afin de régler les dernières choses pour le bail. L'agent immobilier, une jeune demoiselle dont le niveau d'Anglais est à la hauteur de sa gentillesse, nous a ensuite accompagné pour les arrangements relatifs à la connexion internet. Plus tard dans l'après-midi, je me suis risqué à aller chez le coiffeur situé au 7e étage du centre commercial à proximité de l'hôtel. De nombreux shanghaiens arborant une coupe moderne et stylisée, j'ai eu raison de tenter l'expérience. Le soir nous avons rencontré Max, étudiant allemand inscrit à la même université que nous, pour le dîner. Nous avons fini la soirée au Maroc, ou plutôt au Barbarossa, un espace lounge au style marocain.

Aujourd'hui nous avons été visiter le campus, et plus précisément l'endroit où se dérouleront nos cours, ceux-ci débutant lundi. Le quartier entourant le campus n'étant pas des plus séduisants, nous avons eu raison de prendre un appartement dans un endroit à proximité de nombre de choses. Avec la station de métro à cinq minutes de marche, il n'y aura pas de problème pour nous rendre à l'université. Vers midi nous nous sommes retrouvés à cinq, Kevin d'Amérique ayant rejoint Maxence, Massimo, Max et moi. Après un repas chinois laissant un peu à désirer, on est chacun parti de son côté, le nôtre correspondant à "People's Square". Une longue promenade sur la "Nanjing Road" et on a atteint le "Bund" à partir duquel on profite d'une vue splendide sur les nombreux édifices se tenant de l'autre côté de la rive, parmi lesquels la "Oriental Pearl Tower", tour iconique de Shanghai.

Il est 20:00 ici, bientôt nous repartirons, en direction du "M1nt", boîte branchée de Shanghai...

mercredi 24 août 2011

-388°-


A peine deux jours depuis notre arrivée, et pourtant déjà tant d'événements. Ou est-ce l'immensité de la ville, l'infinité de possibilités ou encore le dépaysement absolu qui me procurent cette sensation?

Le vol de quelques onze heures de Bruxelles à Shanghai s'est déroulé sans encombre, si ce n'est pour mon coeur noué et quelques angoisses. Mais, une fois à destination, ces sentiments se sont très vite tus face aux bruits de la ville. Après avoir retrouvé Maxence, étudiant de mon année ayant obtenu la seconde place disponible à la Jioa Tong University, direction l'hôtel où nous avions réservé deux chambres. On se trouve dès lors confronté à une donne qui n'aura de cesse de nous poursuivre: Bien que Shanghai soit une ville internationale, ouverte sur le monde, relativement occidentale, rares sont les Chinois ayant connaissance de l'Anglais. Il faut donc tenter de se faire comprendre d'une façon ou d'une autre, en attendant de connaître les quelques expressions permettant de se débrouiller, notamment grâce au programme "Earworms" qui m'a été offert par Sovanna.

Shanghai s'avère être exactement comme je l'avais rêvé. Sorte de New-York chinois avec ses gratte-ciel immenses, son métro, ses enseignes internationales (un Starbucks à tous les coins de rue), ses klaxons de taxis, ses centres commerciaux luxueux, ses jeux de lumière nocturnes. Bien sûr, pour l'instant, le jet lag se fait toujours ressentir et je ne peux me débarrasser de la sensation d'être à la traine et perdu. Mais, je suis confiant que cela passera. Aussi, les Chinois sont très aimables et souriants envers les étrangers, si l'on met de côté le fait qu'ils n'éprouvent aucune gêne à fixer ceux-ci dans la rue ou le métro.

Ayant obtenu une carte de transport et rempli les premières paperasses, dès le deuxième jour, nous avons entamé notre recherche pour un logement. Maxence ayant déjà sympathisé via facebook avec un Italien étudiant à la même université que nous, nous recherchions un appartement pour trois. Il s'avère que cela est la norme à Shanghai, dans des appartements ressemblant à des résidences privées, ayant une master bedroom avec sa salle de bain, et deux autres chambres se partageant une seconde. Après avoir visité cinq logements aux alentours de "People's Square" (le quartier pour toutes les sorties nocturnes), nous avons finalement obtenu celui qui nous plaisait le plus, et ce malgré qu'il était prisé par beaucoup d'autres également. Chance ou bonne organisation, je suis on-ne-peut-plus-soulagé. L'emménagement est prévu pour vendredi, et d'ici là, probablement d'autres aventures.

dimanche 21 août 2011

-387°-


Au cours de cet été 2011, j'aurai passé de nombreux moments mémorables, prouvant ainsi que, entouré des bonnes personnes, il n'est pas nécessaire de s'en aller vers des contrées lointaines pour passer de merveilleuses vacances. Cette dernière semaine en Belgique n'y fait pas exception.

Dimanche soir Jérémy et moi étions invités à un événement très exclusif: l'anniversaire de Soufian. Afin de marquer son passage à l'âge ingrat, celui où l'on ne peut plus bénéficier des "Go-pass" de la SNCB, celui-ci a invité tous ses amis en VIP au You, avec pour seule condition d'arborer une marinière. L'alcool coulant à flot, l'ambiance s'est très vite faite festive. Je ne me rappelle pas déjà avoir autant dansé au cours d'une soirée. Tout comme je ne me rappelle pas déjà avoir vu Jérémy si loin. Au moins, de la sorte, il ne détonait pas par rapport à Soufian, Mathieu et Julie qui ont eux aussi forcé sur la bouteille. A un point tel que le deuxième est devenu malade, mettant ainsi un terme à la soirée de façon prématurée, et que la troisième nécessitait surveillance. Mais peu importe, c'était génial!

Le lendemain, nous nous sommes réveillés aux alentours de midi, après quelques sept heures de sommeil. Voilà un moment que je souhaitais me rendre à la piscine de Saint-Trond, décor de tant de rires durant mon adolescence. Ce jour de l'Assomption tombait à pic, Kevin ayant congé, Jérémy et moi devant nous débarrasser d'un semblant de gueule de bois. Restée intacte depuis notre dernière visite, nous sommes restés à la piscine quelques deux heures, notre trio passant régulièrement d'un bassin à l'autre. Sur la route du retour, nous nous sommes arrêtés chez Quick pour calmer nos estomacs.

Les jours suivants ont été consacrés aux derniers préparatifs pour Shanghai, tels qu'obtenir des yuans, passer à la pharmacie, et surtout, préparer ma valise. Cependant, le soir, lorsque Jérémy n'étudiait plus, on se voyait. Chez moi à Néthen le mercredi, chez lui à Nivelles le jeudi. A cette occasion, j'ai pu admirer l'appartement nouvellement meublé et décoré, une vraie petite merveille. J'ai également pu revoir sa maman une dernière fois, une personne unique en son genre, aussi hilarante qu'attachante. Durant ces deux-trois jours, j'ai également savouré un repas avec ma maman, Sovanna et Quentin à Louvain-la-Neuve, et j'ai donné quelques heures de cours particuliers de Math à l'une de leurs congénères, à savoir Justine, la soeur d'Emilie.

C'est avec cette dernière que j'ai passé la majorité des jours restants. Vendredi nous sommes allés au Kinepolis pour voir le délirant "Horrible Bosses", avant de nous promener dans le centre-ville pour faire un peu de shopping (Emilie s'avère être une véritable addict de Camaieu). A peine étions-nous rentrés de notre après-midi ensoleillé à Leuven que nous repartions déjà, à Overijse, à la rencontre de Jérémy. Comme pour me préparer à la nourriture que je vais avoir dans mon assiette durant les quatre mois à venir,  nous avons été manger chinois en trio, au "Village Inn". Une soirée sympa au cours de laquelle j'ai pu goûter du saké (infecte!), et qui s'est encore prolongée chez moi.

Le lendemain je me suis éveillé avec Emilie à mes côtés, Jérémy étant rentré tardivement la veille. Alors qu'elle partait en direction de Wavre pour célébrer l'anniversaire de sa maman, je me dirigeais vers Liège, à la rencontre de John et Théo. John ayant passé l'été à Lyon, voilà quelques mois qu'ils devaient me montrer leur nouvel appartement. De vrais amours ces deux-là. Je suis rentré en début de soirée à la rencontre d'Emilie, celle-ci étant revenue à Néthen pour finir le weekend avec moi. Quant à ma dernière nuit en sol belge, je la passe avec Jérémy, celui-ci m'accompagnant à l'aéroport lundi matin.

... Tant de mois déjà que je vis avec cet instant en perspective. Tant de décisions que j'ai prises pour en arriver là. Tant de souvenirs heureux que j'emporte avec moi. Il est temps. Tout être prêt. Je suis prêt.

jeudi 18 août 2011

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4 mois. 30 kg. Pour quelqu'un qui aime la mode, devoir faire ses bagages pour un séjour de 4 mois à l'étranger, avec une limite fixée à 30 kilos pour le voyage en avion, représente un défi plus monumental encore que l'énigme du Sphinx. Alors plutôt que de faire une sélection sur base purement quantitative, telle que "Autant de pulls, autant de t-shirts" ou encore "J'emporte cette pièce car elle pèse le moins", mieux vaut s'arrêter et en profiter pour se constituer une garde-robe constituée d'essentiels.

Côté t-shirts, on opte pour du blanc, du noir, et quelques couleurs fortes, telles que le rouge, le bleu royal, ou encore le bleu clair. Ces derniers permettront d'ajouter une touche de couleur subtile à nos tenues. Le tout est de garder la chose suivante à l'esprit: des t-shirt unis qui se démarquent par leur coupe impeccable.

Côté manches longues, l'équation est simple: Du noir, du gris et du beige. Point. Noir parce que c'est l'uniforme arboré par les rédactrices de mode parisiennes, et parce qu'il est intemporel, dixit Coco Chanel. Du gris parce qu'avec lui on a toujours bon. Du beige parce que c'est l'autre noir et qu'il rappelle les tenues de Carrie, circa les premières saisons de Sex and the city. Les pièces sont simples, mais rehaussées de détails tels que des épaules garnies ou un col original. Aussi, l'un ou l'autre sweatshirt permet de dédramatiser certains looks sinon trop sérieux. On n'oublie pas quelques gilets pour leur confort, et, on préfère laisser chez soi un autre basique immanquable qu'est la chemise blanche pour des raisons pratiques (repassage!).

Côté pantalons, on abuse des pantalons noirs, parce que ça va avec tout et pour toutes les occasions. Certains portent des jeans tous les jours, j'opterais pour des pantalons noirs si je devais me limiter à un modèle. Car, mieux vaut tout de même varier les plaisirs, avec des déclinaisons s'approchant du pantalon noir, telles que le gris ou le bleu marine. On emporte également un pantalon blanc, un pantalon beige, et, un jeans bleu clean (surtout pas délavé). Pour la coupe, un mot: Slim.

Côté vestes/manteaux, toujours prendre son blazer noir avec soi. Pouvant nous accompagner tous les jours de l'année, on peut même en emporter deux modèles différents. Ceux qui n'ont pas peur de se faire remarquer prennent également leur blazer blanc, tout aussi chic que voyant. Et enfin, pour les jours de froid, on sort son long manteau gris, un classique.

Côté chaussures, la sélection se fait également rude en raison du manque de place. On prend donc ses bottes noires hauteur mollet. Formel ou rock 'n' roll, elles peuvent être portées anytime. On prend également une paire de sneakers blanches et/ou grises, ainsi que ses derbys pointues.

Enfin, n'oublions pas les accessoires qui vont finaliser le look. Quelques colliers en argent, l'un ou l'autre bracelet, une jolie montre (le bijou masculin par excellence), une ceinture tressée, une paire de lunettes de soleil clubmaster, snoods, écharpes et l'on peut encore tout juste boucler sa valise.

dimanche 14 août 2011

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J'ai le sentiment que le temps m'échappe, de la même façon que le sable que l'on tente de prendre en main mais qui s'écoule entre nos doigts. Dans de telles circonstances, passer plusieurs heures à déménager mes écrits d'un endroit à un autre m'apparaît encore d'autant plus irritant que ce ne l'est déjà. Mais, ça m'a permis de prendre conscience de certaines choses. Durant toutes ces années, mon blog a été ma forme de méditation personnelle, ma thérapie. Le moyen pour moi de ranger toutes ces choses qui se bousculent dans ma tête. Il m'a permis également de réaliser le chemin que j'ai accompli. Je me rappelle avouer un jour à Rutger que, bien qu'engagé dans des études s'y prêtant peu, l'espoir de travailler dans la mode plus tard était la seule chose me permettant de tenir bon. Et me voilà aujourd'hui sur le point de partir pour Shanghai, l'un des villes montantes pour la mode, et décrocher un stage dans un organisme actif dans ce domaine. D'une façon ou d'une autre, tout semble s'arranger comme je le souhaitais, ce qui me donne l'impression d'être béni, et m'inspire une gratitude profonde. Envers le hasard, envers cette force qui nous dépasse, envers mes amis, mes amours, mes frères, ma maman... pour avoir contribué chacun à leur manière à la personne que je suis aujourd'hui, là où je suis.

J'ai passé le weekend dernier en compagnie d'Emilie. Nous avons été nous promener à Louvain-la-neuve à la recherche d'un MP3 au niveau de sophistication minimal, l'occasion pour moi d'acquérir le DVD de "Mr. Nobody". Nous avons ensuite accompagné ma maman pour faire ses courses, et avons fait appel à notre traiteur chinois préféré pour le dîner. Le lendemain, nous avons regardé le DVD nouvellement acquis, avant d'aller nous promener aux Eaux Douces et finir en terrasse pour quelque gourmandise. Une semaine plus tard, nous avons répété l'expérience, cette fois-ci pour apprendre enfin comme se termine la saga Harry Potter. Samedi nous avons fait toutes sortes d'achats, parmi lesquels le Vogue US (avec Sarah Jessica Parker en couverture), une valise XXL et le "Bleu" de Chanel. Un weekend qui résume à lui seul mon emploi du temps de ces derniers jours: préparatifs pour mon voyage et temps avec mes proches.

Lundi je me suis rendu à Anvers en vue de signer les papiers nécessaires pour la validation de mon stage au Flanders Fashion Institute. Bien que mon excitation à l'idée de ce stage n'ait d'égale, et que mes futures collègues semblent être géniales, un sentiment de rage m'a envahi en découvrant que la responsable R.H. de Raf Simons m'avait appelé au moment exact de la signature des papiers pour fixer un moment d'entrevue. The only thing you need to get a date an intership, is another date internship! L'univers a un drôle de sens de l'humour. Avant de rentrer, passage obligé chez Starbucks pour essayer le "Vanilla Cream".

Mardi je me suis rendu à Nivelles pour passer une soirée en amoureux à l'appartement de Jérémy. En copain modèle, celui-ci a cuisiné pour deux et a même pensé à mon amour pour les desserts. Une soirée intime au cours de laquelle j'avais le sentiment d'être en parfaite osmose avec cet être cher. Le lendemain, celui-ci m'a conduit à Waterloo afin que je puisse y retrouver Maud, Lauranne, Wendy et Caroline pour notre version du dernier repas. Une après-midi ensoleillée à parler de mille et une choses, dont nos doutes quant à nos départs prochains aux quatre coins du monde (Chine, Canada, Angleterre, Grèce). Bien sûr, il a également été fait mention de Jérémy, tant celui-ci me rend heureux. Bien qu'il doive préparer ses examens, il tâche de passer un maximum de soirées avec moi, comme il l'a fait jeudi.

vendredi 12 août 2011

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Initialement publié le dimanche 7 août 2011

Après quelques deux mois de relation, et près d'un mois de travail d'été, Jérémy et moi avons décidé de nous offrir quelques jours de vacances ensemble, loin de nos cadres habituels respectifs, loin des tracas quotidiens, et loin de nos proches. Just us two. Sea, sex and sun.

Day 1
Ayant quittés Nivelles de bonne heure, avant de pouvoir rejoindre la côte belge, nous nous rendons à Anvers afin que je puisse m'entretenir à 10:30 avec la responsable du "Flanders Fashion Institute" en vue d'y décrocher un stage. Quelques 30 minutes plus tard, j'en ressors soulagé et souriant, tant cet entretien a été agréable et porteur d'espoir. Direction Ostende à présent, plus précisément l'hôtel Ramada, où nous découvrons notre chambre au 7e étage. Le temps est magnifique et donc il n'est pas étonnant que la plage soit bondée. Après notre promenade, nous faisons un peu de shopping dans le centre, avant de rejoindre notre chambre d'hôtel. En vérifiant mon courrier électronique, j'apprends que mon entretien de ce matin s'est avéré concluant, la responsable m'annonçant que je peux commencer comme stagiaire dès le début du mois de janvier. L'enthousiasme de Jérémy dépasse le mien, tant cette nouvelle incroyable me laisse perplexe. Le soir, nous nous promenons sous un ciel rose, et finissons sur une terrasse à siroter l'un ou l'autre cocktail. De retour à l'hôtel, nos yeux se ferment sans attendre suite à cette première journée prometteuse.

Day 2
Aux alentours de 9:00, nous descendons pour découvrir le buffet généreux à disposition des clients pour le petit-déjeuner. Le soleil étant encore une fois radiant, nous passons la matinée allongés dans le sable, face à la mer, lunettes de soleil sur le nez, livre à la main. L'après-midi, nous prenons la voiture en direction de Knokke, plus précisément "Le Zwin", réserve naturelle offrant gîte à de nombreuses espèces d'oiseaux. Le domaine, où se promène un cours d'eau, s'étend aussi loin que porte la vue et est recouvert de fleurs sauvages. Dépaysement total. Plus tard, nous nous promenons sur la digue de Knokke pour s'ouvrir l'appétit, un appétit qui a été comblé dans un restaurant thaïlandais délicieux. Sur la route vers Ostende, nous faisons un bref arrêt pour nous balader dans les dunes de Westende, avant d'atteindre l'hôtel et de se faire couler un bain chaud.

Day 3
En ce troisième jour, nous nous rendons à Blanckenberge afin de pouvoir y admirer les sculptures de sable dont le thème est les "Magical Moments" de Disney. Blanche-Neige, Belle, Alice au pays des merveilles, Simba, ne sont que quelques-uns des personnages qui y sont reproduits à merveilles. Nous nous rendons dans le centre de Blanckenberge pour le déjeuner, et reprenons ensuite la voiture en direction du "Sea life". Etoiles de mer, hippocampes, piranhas, crabes, toutes les espèces aquatiques les plus emblématiques sont rassemblées en cet endroit ayant attiré de nombreux visiteurs ce jour-là. De retour à Ostende, nous profitons d'une sieste dans l'énorme lit, avant de revêtir chemises et chaussures de ville. Ce soir, mon chéri m'invite "Au vieux port", restaurant huppé spécialisé dans les poissons. Le repas - entrée, plat et dessert - est un vrai délice, tant de part les aliments que ma compagnie. Avant de rentrer à l'hôtel, nous allons boire un cocktail, ajoutant encore davantage à notre taux d'alcoolémie ayant grimpé suite à l'apéritif et au vin blanc consommés au restaurant.

Day 4
Craignant de vivre les derniers rayons de soleil, nous passons la matinée sur la plage, l'un plongé dans son iPod, l'autre dans "L'Irrégulière - L'itinéraire de Coco Chanel". Nous décidons de faire de l'après-midi une virée shopping, celle-ci donnant lieu chez Jérémy a une véritable fièvre acheteuse. Une pluie intense vient interrompre notre escapade et nous nous dépêchons de nous réfugier dans une brasserie dans l'espoir qu'elle cesse. Malheureusement, les nuages poursuivent leur activité et nous sommes trempés lorsque nous atteignons l'hôtel. Nous restons dans notre chambre quelques heures, le temps de se reposer et de sécher, avant de ressortir pour le souper. Nous nous rendons au port d'Ostende, là où nous avions aperçu un chouette restaurant la veille. Après que Jérémy m'ait fait goûter l'une de ses moules à la crème (sans succès), je déguste des tagliatelles végétariennes. Le repas se suit d'une longue promenade sous un soleil couchant, ainsi que d'une glace australienne sous les réverbères.

Day 5
Dernier jour déjà de notre voyage, il nous faut quitter notre chambre d'hôtel pour 11:00. Ayant vu suffisamment Ostende, nous prenons la route pour Bruges, ville dont la beauté attire nombre de touristes. Après un lunch délicieux, nous faisons un peu de shopping, chez Zara et Esprit notamment, avant d'atteindre la Grand Place. L'hôtel de ville, le beffroi, les calèches, la dentelle, les cours d'eau, on s'imprègne de tout ce qui fait la réputation de Bruges avant de quitter définitivement la Flandre Occidentale.

Vivre cinq jours seuls avec une personne peut être une expérience révélatrice, dans le bon et dans le mauvais sens. C'est vrai, j'ai découvert les côtés un peu moins gracieux de Jérémy, mais, j'ai aussi et surtout pu voir combien ses sentiments pour moi sont authentiques et sincères. Ses baisers, son étreinte, son parfum, son sourire, ses bêtises. Autant les langues nous entourant étaient variées - Français, Néerlandais, Anglais - autant notre langage est resté inchangé, celui de l'amour.

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Initialement publié le dimanche 7 août 2011

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Initialement publié le samedi 6 août 2011

C'est un secret pour personne que le temps s'écoule à une vitesse folle. Seulement, il est des moments où cette réalité nous frappe davantage qu'à d'autres. Après une période que je considérais comme relativement tranquille, partagée entre amis et caisses du Delhaize, je me suis retrouvé à un tournant où soudain le temps semblait avoir pris les devants, me laissant derrière, tâchant tant bien que mal de suivre. Ca m'a frappé comme un coup de vent violent, de façon inattendue, sans le moindre avertissement: Le mois de juillet est écoulé. Commence dès lors le décompte, celui jusqu'à mon départ pour Shanghai. Un sentiment de ne pas m'être suffisamment imprégné de mes proches durant cet été rend cette donne terrifiante, c'est pourquoi je préfère l'obscurcir en maintenant mon esprit actif et en m'entourant autant que je le peux de ceux que j'aime.

Jeudi, après une autre série de 6 heures à la caisse, je me suis rendu à Bruxelles à la rencontre de Jérémy afin qu'on aille prendre connaissance de nos résultats au centre de dépistage. Sans surprise, ceux-ci se sont révélés être négatifs et nous avons pu profiter d'un repas convivial avec Pauline au Cheese Cake Café. Il devait être proche de 22:00 lorsque nous avons pris la route pour Néthen, Jérémy passant la nuit chez moi ce soir-là, soir qui marquait nos deux mois ensemble. Le lendemain matin, Jérémy prit la route pour la capitale afin de se rendre à son travail, et je m'apprêtai pour mon voyage vers Liège, mon jour de congé étant le prétexte idéal pour aller rendre visite à ma vieille amie Marilyne.

En renvoyant des amis de secondaires, on prend conscience de combien on a changé, combien on a évolué progressivement vers le stade d'adulte. Mais en revoyant Marilyne ce jour-là, ce constat était on-ne-peut-plus-évident. Installée dans un bel appartement non loin du centre avec son compagnon et son petit Luca de 9 mois, j'avais du mal à admettre que Marilyne avait toujours le même âge que moi. L'idée que notre vie puisse être déjà toute tracée à 22 ans m'apparaît comme horrifiante, mais Marilyne semble être vraiment heureuse aujourd'hui et donc je ne peux que me réjouir pour elle. D'autant plus que, autant on a grandi, autant notre amitié, bien qu'elle se soit faite plus lointaine, a toujours continué d'exister. On a profité d'une belle journée dans le centre, partagée entre shopping, dégustations et conversations, avant de se quitter et de se promettre de se revoir à mon retour de Chine, vérifier combien Luca aura grandi durant ces quelques mois figurant parmi les nombreuses raisons.

Samedi enfin, après une journée qui signait la fin de mon contrat de trois semaines chez Delhaize, on est passé prendre Emilie chez elle en rentrant, afin que l'on passe le restant du weekend ensemble. Outre quelque test en ligne en vue d'un stage potentiel chez Henkel, celle-ci a dès lors assisté aux préparatifs pour ma semaine à la cote belge avec Jérémy. Véritable soeur spirituelle, mon lien avec Emilie est tel que la simple présence de l'autre suffit pour embellir les moments les plus banals. Dimanche soir j'ai alors pris la route pour Nivelles, là où vit Jérémy avec sa maman. Une maman que j'ai davantage découverte au cours d'un repas thaïlandais et qui, je pense, m'a rendu encore plus amoureux de son fils.

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Initialement publié le lundi 25 juillet 2011

L'autre jour j'ai jeté un oeil à notre chien Achilles, et je me suis dit "Quelle vie il a celui-là!". Ou pas. J'en connais certains pour qui cette vie serait parfaite. D'ailleurs, la leur y ressemble déjà beaucoup. Ne rien faire de la journée si ce n'est roupiller, et lécher le derrière d'autres. Mais ce n'est rien pour moi. Quel sens a la vie sans le sentiment d'avoir accompli certaines choses. Bien sûr, maux de tête ou fatigue viennent parfois accompagner mes fins de journée, mais je sais dès lors que je n'ai pas utilisé mon solde de jours en vain.

Avec la fête nationale le lendemain, le You organisait une soirée gay friendly le mercredi soir. C'est donc là où je me suis rendu avec mon chéri après avoir travaillé jusque 21:00. De la bonne musique, quelques verres de mousseux, des spécimens curieux, tous les éléments étaient rassemblés pour une excellente soirée. Celle-ci s'étant étendue jusque 02:30, le lendemain, le réveil s'est fait tard et les activités rares. Nous avons flâné à l'appartement en périphérie de Bruxelles, jusqu'à nous rendre dans le centre à la rencontre de nos meilleures amies respectives, Emilie et Pauline. Au Cheese Cake Café, une autre fusion de nos mondes s'est produite alors que nos parlions joyeusement autour de quatre milkshakes.

Travaillant de nombreuses heures à la caisse du Delhaize, mon seul créneau de libre pour voir Abir avant qu'elle ne parte au Maroc était vendredi en fin d'après-midi. Une gourmandise au Cimetière d'Ixelles s'est suivie d'une promenade à l'Avenue Louise, qui s'est suivie elle-même de quelques dim sums dans un petit restaurant chinois, tant Abir en mourrait d'envie (tout comme elle meurt de jalousie que je vais pouvoir en manger à volonté à Shanghai). Le tout avait un drôle de goût, autant sucré qu'amer, la joie de la voir s'accompagnant de la prise de conscience que c'était la dernière fois que je partageais des rires avec elle avant de nombreux mois. Armé de mon appareil photo, j'ai donc capturé autant d'Abir que je pouvais, au cas où ma mémoire me ferait défaut durant mon séjour à l'étranger.

Samedi soir, retour à la capitale, à la rencontre du petit couple Soufian et Mathieu, et ce, en couple. Après la Happy Hour dans un bar de la Rue des Riches Claires, direction un autre bar au sein du quartier gay, avant de se diriger vers "Chez maman", éméchés et guidés par mes deux amis. J'avais inévitablement entendu parler de ce bar à spectacles tenu par des travestis, mais je ne m'y étais jamais rendu et n'y tenais pas fort d'ailleurs. Au final, nous y avons passé une soirée inoubliable, de part la présentation de La Diva et les sons rythmiques sur lesquels nous avons dansé deux par deux. Le lendemain, un autre dimanche chez Jérémy, au cours duquel nous avons regardé le classique "Some Like It Hot" avec la magnifique Marilyne Monroe. Les films en noir et blanc sont géniaux, mais, rien ne vaut cette vie riche en couleurs.

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Initialement publié le dimanche 17 juillet 2011

"La clé du bonheur n'est pas dans les choses elles-mêmes, mais dans la perception des choses" disait un jour Tom Ford dans une interview. En effet, la donne peut être infiniment belle ou affreusement triste, au final, c'est notre état d'esprit qui détermine la valeur des choses. Dans une situation éprouvante, on peut s'apitoyer sur son sort, ou au contraire, y voir une opportunité de se dépasser. Lors d'un moment de détente avec des amis, on peut laisser la fatigue nous abattre, ou alors décider de savourer ces instants au maximum.

Suite à un coup de fil lundi d'une responsable du Delhaize de Wavre, j'ai pris conscience que ma bonne étoile s'est mise à rayonner une fois de plus. Dès le lendemain, j'ai commencé à travailler comme jobiste en poissonnerie et crèmerie, une semaine dans les rayons devant se suivre de deux semaines en caisse. Avec quelques 30 heures de travail par semaine, cela me laisse soudain nettement moins de temps à consacrer à mes amis. Mais ces instants n'en sont dès lors que tellement plus magiques.

Jeudi après-midi, je me suis rendu avec Jérémy dans un centre de dépistage à Bruxelles. Autant les mots "centre de dépistage" peuvent refroidir l'ambiance, autant j'ai trouvé cette expérience divertissante. Avec les nombreux gays que l'on peut y croiser, j'irais même jusqu'à dire que c'est un excellent lieu de rencontres. En prime, le questionnaire qu'il est demandé de remplir a de quoi décrocher plus d'un rire (Pratiquez vous le sexe oral? Anal? Les deux en même temps? ... Il se peut que la dernière question soit le fruit de mon imagination). Après l'épisode un peu moins marrant qu'est la prise de sang, nous avons rejoint Pauline à un restaurant thaïlandais autour de la place Saint-Géry pour reprendre avec la joie et la bonne humeur.

Vendredi, c'est en compagnie d'Emilie que j'ai passé la soirée. Que trop souvent j'ai l'impression de ne pas passer assez de temps avec elle maintenant qu'elle vit à Bruxelles et travaille comme secrétaire. C'est pourquoi j'étais ravi qu'on se rende ensemble à Leuven le lendemain pour profiter du Bongo qu'elle m'avait fait cadeau pour mon anniversaire. Au bar à chocolat "Quetzal", nous avons profité d'une fondue au chocolat, un chocolat chaud et un brownie. Un vrai délice. Après quatre heures passées entre les yaourts et autres fromages de 16:00 à 20:00, je suis rentré pour y retrouver un Jérémy ayant emporté dans ses affaires son jeu "Buzz" que l'on a partagé avec mes frères. Lorsque l'on est séparé, des nuages se dessinent parfois dans les cieux, mais dès lors où je suis avec lui, ce n'est que soleil et suspension hors du temps et de l'espace.

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Initialement publié le lundi 11 juillet 2011

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Initialement publié le dimanche 10 juillet 2011

Après plusieurs jours consacrés presqu'exclusivement à la lecture d'articles pour mon mémoire et quelques préparatifs administratifs pour mon échange à Shanghai, un weekend festif se profilait à l'horizon. En ce 8 juillet 2011, j'ai décidé que je fêterais mon 21e anniversaire-bis. De nombreuses personnes ont pensé à moi en ce jour, comme en témoignent les quelques 30 messages facebookiens et les textos reçus, attentions mineures qui font cependant chaud au coeur. Pas seulement mes amis ont pensé à moi, mais également les cinémas Kinepolis qui m'ont offert un ticket gratuit pour un film au choix. J'ai donc été voir "Larry Crowne", film qui m'est apparu comme s'inscrivant dans la même lignée que "Eat Pray Love", de part la lumineuse Julia Roberts, ainsi que la bonne humeur et joie de vivre avec laquelle on en ressort.

La véritable fête a eu lieu le lendemain, en compagnie de mon chéri, Emilie et Abir (meilleures amies dont la présence était obligatoire), ainsi que David (ami que je ne vois que trop rarement dont la présence m'a donc fait très plaisir). Le plan était le suivant: restaurant grec, suivi d'un verre au "People", suivi d'une soirée de folie au "Spirito". Le début du programme s'est déroulé comme prévu. Autour d'un délicieux repas méditerranéen nous avons parlé de 1001 choses, l'occasion pour mes amis de faire connaissance avec Jérémy (sans oublier le toast d'Abir durant lequel elle a prononcé quelques mots inoubliables). Nous avons ensuite pris la voiture en direction de la Porte de Namur pour y boire quelques cocktails. Aux alentours de 23:00, légèrement éméchés, nous nous sommes promenés jusqu'à l'ancienne église transformée en discothèque, où l'on s'est vu irrévocablement refuser l'entrée.

Il nous a donc fallu recourir à un plan B, plan qui a pris le nom de "K-nal". Cette fois, nous sommes entrés sans problème, par contre, l'ambiance au sein de la boîte laissait quelque peu à désirer. Quelques boissons et plusieurs photos plus tard, nous sommes sortis prendre l'air le long du canal de Bruxelles. De retour dans la musique assourdissante, constatant que l'on s'amusait mieux en plein air, mes convives ont préféré qu'on mette un terme à la soirée. Bien que celle-ci ait pris une tournure différente de ce à quoi je m'attendais, la soirée fut géniale grâce aux innombrables rires qui l'ont rythmée et la compagnie de ces personnes proches de mon coeur. C'est avec regret que je les ai quittées entre 2:00 et 3:00, toutes à l'exception de Jérémy, avec qui le weekend se poursuivrait.

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Initialement publié le lundi 4 juillet 2011

Avec l'arrivée du mois de juillet, il était temps pour moi de faire la rencontre du père de Jérémy. De la même façon que lui pour moi, je suis le premier copain qu'il présente à ses parents, c'est pourquoi j'étais soucieux de faire bonne impression. Mais comme il s'est avéré au cours de ce weekend passé chez lui, mes soucis n'avaient pas lieu d'être et j'ai pu être simplement moi-même en compagnie de ce père aussi ouvert que sympathique.

Après que l'on ait goûté les célèbres croques-monsieur du papa, nous avons pris la voiture en direction de l'Océade pour une après-midi de baignade. De nature enjouée, rien d'étonnant à ce que le décor aquatique éveille encore davantage l'enfant en Jérémy. A la sortie de la piscine, nous nous sommes offerts une piña colada dans le Bruparck, avant de rentrer à l'appartement et de nous écrouler sur son lit. Le soir, nous avons partagé le repas en terrasse avec son papa, pour lequel le menu affichait Spaghetti et Vin rosé. Une partie de "Qui veut gagner des millions" en trio s'est suivie d'une autre et très vite le soleil s'est définitivement couché.

Le lendemain nous avons consacré la matinée à la recherche d'un appartement à la côte afin de passer quelques jours ensemble au mois d'août. Pour le déjeuner, le papa nous a invités à manger dans l'un de ses restaurants italiens favoris, où encore une fois le vin rosé coulait à flots. L'attitude chaleureuse du père ne s'est pas arrêtée là, ce dernier nous ayant ensuite emmenés au bois régional de Laerbeek pour une balade avec sa chienne Rubis, véritable peluche mignonne à croquer. Au milieu de cet espace vert, nous nous sommes arrêtés pour savourer une coupe de glace à l'ombre, avant de rentrer à l'appartement où je suis encore resté jusqu'en début de soirée.

J'ignore si mon enseignement partiel d'économiste y est pour quelque chose, mais je commence à considérer l'amour comme une courbe. Une courbe où l'intensité des sentiments va en croissant au fur et à mesure des instants passés avec l'autre, jusqu'à atteindre un plafond ou commencer à décroître, suivant que l'on est de ceux qui croient en l'amour qui dure toute une vie ou non. Mes sentiments pour Jérémy ne font que grandir alors que je découvre combien je me sens à l'aise avec lui. A ses côtés, je peux me contenter des choses les plus banales, le simple fait d'être atteignant une nouvelle dimension. Tendresse, chaleur et amour sont tant d'éléments qui m'envahissent chaque fois que je me plonge dans le bleu de ses yeux.

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Initialement publié le vendredi 1er juillet 2011

... Quelques heures de train plus tard, nous sommes arrivés à La Panne, où Quentin et Sovanna nous attendaient à la gare. Etant donné qu'il avait fait étouffant lundi, Abir et moi avions décidé de nous rendre à la plage le lendemain. Et puisque mon frère et sa copine y séjournait pendant une semaine, nous en avons profité pour les rejoindre. Quelques courses rapides pour le déjeuner et nous sommes allés à leur appartement qui semblait être sorti tout droit des années 60. Mais plutôt que d'admirer la vue ou les éléments de décoration d'une autre époque, nous avons filé immédiatement à la plage se situant à moins de 100 mètres. Sous un soleil resplendissant nous avons alterné bronzage, baignade et balle de volet le temps d'une après-midi, avant de ramener Abir à la gare en début de soirée. J'ai ensuite été me promener sur la digue avec le jeune couple à la recherche d'un restaurant pour le dîner. Après un repas de la mer - moules et tagliatelles au saumon - nous avons encore flâné sur la côte, le long d'une mer aux couleurs de soleil couchant. Le film "She's the man", drôle et léger, constituait la fin parfaite d'une journée qui l'avait été tout autant.

Le lendemain je risquais d'être fatigué à l'arrivée en soirée de Jérémy suite à mon réveil trop tôt, le trajet de quelques 3 heures pour rentrer de la côte, et la séance d'information nullissime portant sur notre statut d'ambassadeur de l'université lors de notre échange. Mais cela était sans compter sur l'excitation qui m'a envahie au moment où la voiture de celui-ci s'est arrêtée devant chez moi. Afin de célébrer notre premier mois ensemble, en plus de m'avoir offert une carte contenant les mots les plus tendres et les plus mignons que l'on puisse imaginer, Jérémy m'a emmené au Chess café, un restaurant proposant un buffet wok à volonté. Après avoir goûté de nombreuses saveurs de l'Est, j'ai goûté une saveur différente en rentrant, celle du film romantique dans les bras de celui que l'on aime. Et bien que le repas fût un délice, celui-ci n'arrivait pas à la cheville de ce que je savourais à ce moment-là.

Une dizaine de courriers envoyés et un entretien plus tard, mes angoisses relatives à mon stage pour l'an prochain commencent à s'apaiser. D'autant plus que j'ai appris que j'ai réussi mon année, ce qui signifie que mon séjour à Shanghai débutant fin août est certain. Petit à petit, tout semble tomber dans l'ordre. Les vacances ont à peine commencé, et pourtant j'ai déjà l'impression que le bouton d'accélération si caractéristique de cette période a été enclenché. Ou est-ce parce que je suis heureux? In any case, life is good!

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Initialement publié le vendredi 1er juillet 2011

Management des ressources humaines approfondi : 14
Brand Management : 16
Strategic Communication : 13
E-Marketing : 15.5
Séminaire d'actualités économiques et managériales : 16
Advanced Strategic Management : 15.5

Réussite avec Distinction.
Look out Shanghai, I'm coming!

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Initialement publié le mercredi 29 juin 2011

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Initialement publié le lundi 27 juin 2011

Samedi, en début d'après-midi, Emilie est rentrée chez elle après un autre vendredi soir typique passé à s'échanger les nouvelles respectives et à regarder un truc débile, tel "Vampires Suck". J'ai ensuite rejoint Jérémy à Bruxelles afin de rencontrer son Emilie à lui. Mais avant, je voulais aller jeter un oeil à cette exposition se tenant au Musée Juif, dont j'avais lu quelque chose dans l'un ou l'autre magazine. A la recherche du musée en question, Jérémy nous a fait traverser des rues peu sécurisantes, ce qui a éveillé en moi un sentiment d'anxiété grandissante. Fort heureusement, nous sommes arrivés à destination indemnes, et je me réjouissais d'oublier l'épisode précédent en me perdant dans quelques réflexions artistiques. Mais cela était sans compter sur le fait que l'exposition consacrée à l'art contemporain américain soit composée d'oeuvres étranges, dénuées d'intérêt ou même carrément dérangeantes. Frustré et déçu, j'ai décidé de laisser le souvenir de la dernière heure s'éloigner en même temps que l'on quittait le centre pour aller chercher Pauline, afin de passer une soirée heureuse et légère. Pauline s'est révélée être exactement comme me l'avait décrit Jérémy: marrante, ouverte et sans prétention. Après un repas thaïlandais délicieux au "K-touch", suivi d'un dessert au parfum de coco, nous avons poursuivi nos commérages et autres bavardages autour d'un cosmopolitan, avant de redéposer Pauline chez elle et de prendre la route pour Néthen. Une fois dans ma chambre, exténués, il n'a pas fallu beaucoup de temps avant que Jérémy et moi ne nous endormions l'un sur l'autre.

Le lendemain, non seulement Jérémy passait pour la première fois la majeure partie de la journée chez moi, mais surtout le soleil a décidé de rayonner pour la première fois d'une façon digne de l'été. Le mercure atteignant quelques 30 degrés, l'esprit de vacance pouvait enfin s'emparer de nous. Empli de cet esprit de liberté, le fait de n'avoir reçu aucune suite aux sollicitations pour plusieurs jobs étudiant me semblait soudain bien peu signifiant. Peu importe. Plutôt que d'enrichir mon CV, je profiterais de l'été et de mon chéri. Avec ce dernier, nous avons flâné au lit, nous avons fait une balade en vélo, et nous nous sommes plongés dans quelques vieux albums photo numériques. Cela ne m'a néanmoins inspiré aucune nostalgie, mais plutôt, de l'excitation et de la joie à l'idée d'y ajouter des clichés durant les deux mois à venir, de lui et moi, et de tant d'autres choses encore. J'ai été conforté dans cette idée dès le lendemain, lorsque j'ai retrouvé Abir à Louvain-la-Neuve après que celle-ci se soit entretenue avec son promoteur. Entre le déjeuner et quelques petites courses au sein du centre commercial, nous avons discuté des plans pour notre anniversaire, ainsi que de notre journée à la mer. Tant de bons moments en perspective, tant de personnes formidables m'entourant, tant de chaleur et de lumière. Thank God, summer has begun.

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Initialement publié le jeudi 23 juin 2011

L'une des choses géniales en période de vacances, c'est que la vie semble subitement pleine de surprises. Jeudi, à 14.02 précise, n'ayant aucun plan pour la journée, j'ai proposé à Abir de se voir à la capitale pour un ciné. Les séances étant pour la plupart à 16.00, cela signifiait qu'il me fallait prendre le train de 14.19 afin d'arriver à Bruxelles vers 15.00. J'ai donc rassemblé mes affaires en un éclair, ai marché jusqu'à la gare en vitesse, et ai lancé un album de Caribou pendant que je reprenais mon souffle.

Alors qu'on contemplait les films à l'affiche, un personnage s'est avancé sur ma gauche, avant de se retourner et de s'approcher de moi. C'était Nahuel (!), un ami de secondaires que je pensais en Argentine. Voilà plusieurs années que je ne l'avais plus vu, j'avais tellement de choses à lui demander. A la place, j'ai mis mes questions de côté et on s'est promis de se voir cet été pour une urgente mise à jour. De retour aux affiches, Abir et moi nous sommes arrêtés sur "Midnight in Paris", film dont nous ignorions tout. On s'est dit qu'avec Paris et Woody Allen, on ne pouvait commettre de mauvais choix. Deux heures plus tard, on est sorti de la salle joyeux et léger, un air d'accordéon trottant dans la tête. Paris, les années 20, Marion Cotillard, Paris, ... Un véritable délice cinématographique, d'autant plus jouissif que l'on ne savait pas à quoi s'attendre.

Après un court trajet en voiture dans le trafic bruxellois parsemé de nombreux rires, nous étions à notre restaurant chinois préféré pour notre habituelle assiette de légumes variés au coco et curry. Pour quelqu'un pour qui les vacances venaient de commencer, Abir semblait avoir beaucoup de soucis. Pour ma part, ceux-ci semblent d'escompter magiquement lorsque je suis en sa compagnie. Ayant planifié notre prochaine rencontre, j'ai embrassé Abir devant la gare du midi, juste à temps que pour embarquer le train de 19.57, quelques secondes avant son départ.

Paris restera à jamais ma ville préférée, mais, pour l'instant, Bruxelles m'apparaît comme une alternative plus que suffisante. Une chose est sûre, je continue de rêver d'une vie cosmopolite, quelques mois à Shanghai répondant parfaitement à ce fantasme. Pas étonnant dès lors que je ne pense plus qu'à cela ces jours-ci, la date du verdict approchant lentement mais sûrement.

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Initialement publié le mercredi 22 juin 2011

Il n'est rien qui soit pour toujours. Notre monde, tout ce qui nous entoure, tous ceux qui nous entourent, tout est en permanente évolution. Et cette absence d'inertie rend notre existence tellement palpitante, car, on ne sait jamais ce qui nous attend au coin de la rue, au coin de l'année en cours. Que les choses soient bonnes ou mauvaises, tôt ou tard, celles-ci se verront remplacées par d'autres, meilleures ou non, mais dans tous les cas, différentes. Le temps passe affreusement vite, mais au moins il a le mérite suivant: La garantie de changement.

Après avoir rencontré quelques-uns de mes amis, il était temps pour Jérémy de rencontrer ma famille. Avec l'arrivée des vacances et la perspective de multiples jours de liberté absolue, je ne pouvais imaginer ne pas le recevoir à la maison. Fort heureusement, mes parents et mes frères n'y voyaient aucun inconvénient. Samedi soir donc, Jérémy s'est joint à notre table à laquelle Sovanna était également présente pour l'habituel spaghetti. Tant du côté de Jérémy que du côté de ma famille, les impressions furent bonnes, c'est pourquoi nous n'avons pas hésité à répéter l'expérience le mardi soir, avec cette fois Niel et deux bouteilles de rosé en prime. Il s'agit d'une grande première pour moi et je dois dire que je ne me suis jamais senti mieux. Voir mon copain s'intégrer à ma famille, partager avec celui-ci la même complicité que j'enviais autrefois à Quentin et Sovanna, passer la nuit avec lui dans ma chambre. Il m'aura fallu attendre l'aube de mes 22 ans pour mettre la main dessus, mais j'ai enfin trouvé ce que je voulais depuis si longtemps. Mieux encore, je ne pensais jamais pouvoir espérer que les rapports entre mes frères et mon copain soient si bons.

En repensant à leur réaction lorsqu'ils ont appris mon homosexualité il y a voilà 4 et 2 ans respectivement, mélange de choc, d'incompréhension et d'incrédulité, il est difficile d'imaginer leur ouverture envers Jérémy aujourd'hui. Que de chemin parcouru depuis l'instant où ils ne voulaient y croire, où ils exprimaient leur dégoût de façon peu subtile. Qui aurait pu imaginer que Quentin démontre un intérêt sincère envers mon copain, avec qui il partage une passion pour les automobiles. Qui aurait pu croire que Kevin l'apprivoise complètement, partageant avec lui son humour bien à lui qu'il réserve autrement à nous. Peut-être est-ce parce qu'ils ont compris qu'il était question avant tout d'amour. Peut-être est-ce parce que Jérémy en particulier leur plaît. Ou peut-être est-ce parce qu'ils ont muri, car, je dois bien me l'admettre, ils ont aujourd'hui 20 et 18 ans, ce qui, aussi incroyable que cela puisse paraître, fait d'eux de jeunes adultes. La course frénétique du temps restera à jamais difficile à accepter. Cependant, si en regardant en arrière, on se rend compte que l'on n'aurait rien voulu changer, il est possible d'être en paix avec le temps écoulé. D'autant plus lorsque l'on sait que le meilleur reste toujours et encore à venir.

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Initialement publié le samedi 18 juin 2011

1 mois. 5 jours. Et puis finalement, on y est. La fin de cette période atroce. Enfin. Une période au terme de laquelle on a le sentiment que l'on pourrait dormir pendant 100 ans. Mais, il y a tellement mieux à faire que de rester coincé dans son sommeil dans l'attente d'un baiser du prince charmant. En particulier lorsque l'on en a déjà trouvé un.

Cette dernière semaine allait être déterminante, 3 de mes 6 examens y apparaissant. Cependant, lorsque John a insisté pour que je me joigne à lui, Théo et Alphy au You dimanche soir, je ne pouvais qu'accepter devant l'enthousiasme de Jérémy. Après Abir, il allait donc rencontrer 3 de mes amis les plus déjantés. Une part de moi craignait que leur caractère extravagant ne l'intimide (en particulier, Alphy + John = Folie!), mais Jérémy étant de nature à plaisanter beaucoup, j'aurais dû me douter qu'il entrerait facilement dans leur jeu. Après une bière au Délirium (rempli de gens bizarres, ce qui n'a pas empêché tous les regards de se poser sur notre groupe), nous nous sommes rendus au You qui était plus bondé que jamais! En quête d'oxygène, nous n'avons pas tardé à nous rendre à l'étage, se trémoussant joyeusement au bord de la balustrade. Les quelques fois où nous sommes redescendus main dans la main pour aller chercher une boisson au bar, je ne pouvais m'empêcher de remarquer l'air prétentieux et arrogant de tous ces mecs. Espèrent-ils vraiment trouver l'âme soeur avec pareille attitude? Enfin, je ne pouvais m'en soucier moins, puisque j'avais mis la main dessus, et je comptais bien le montrer à toutes ces petites p*tasses (pour citer Stanford "I don't want to seem like a nobody, now that I have a somebody"). Etant malgré tout toujours en période d'examens, Jérémy et moi avons quitté nos amis éméchés vers 01.00 et sommes rentrés pour récolter un nombre suffisant d'heures de sommeil.

5 jours et 3 examens plus tard, j'étais libre! J'ai décidé de fêter l'événement avec Emilie chez Kinepolis devant "X-men: Le commencement", film d'action réunissant bon nombre d'acteurs connus, dont mes chéries January Jones et Rose Byrne! Une fois rentré, on n'a pas tardé à aller se coucher, étant donné ma fatigue chronique et le fait qu'on devrait se lever à l'heure le lendemain pour aller aider Justine avec ses maths. Il me faudra probablement encore quelques jours avant que je puisse me séparer définitivement de ce sentiment de contrainte et d'inquiétude, mais, les plans pour les jours à venir devraient aider à m'en séparer.

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Initialement publié le jeudi 9 juin 2011

(...) And it's not just with love. It seems we're always looking for that one thing to make our lives complete. That job, that chance, that family. I couldn't help but wonder, when will waiting for the one be done?

J'ai toujours adoré m'extraire à la réalité qu'est la mienne pour m'introduire dans une nouvelle, fictionnelle, telle celle de la Saga Twilight, dont j'ai terminé le dernier tome il y a quelques jours et qui m'a laissé sans voix. Aujourd'hui par contre, ma réalité semble ne plus rien avoir à envier à toutes ces histoires excitantes dans lesquelles je me suis plongé. Comme si j'avais mis la main sur le petit élément qui m'aiderait à cesser de ne voir que les manquements dans ma vie, et commencer à y voir tous les privilèges. Dans mon cas, cet élément se prénomme Jérémy. Voilà deux semaines que l'on se voit, et tout est parfait. Pour la première fois dans ma vie, j'envisage les choses telles que je les envisage maintenant, et, je n'ai de cesse de me laisser submerger par mes sentiments. Alors oui, certains auraient tendance à déclencher l'alarme de secours: "Ne t'emballe pas trop vite, Dis-toi que tout peut basculer du jour au lendemain, Blablabla". Mais je m'en fous. Il est tellement bon d'expérimenter une nouvelle fois la vie à travers ses yeux d'adolescent. Et puis, il ne s'agit pas de rêveries naïves, notre relation est tellement ouverte et spontanée, qu'il m'est impossible de ne pas croire en sa sincérité.

Mercredi soir par exemple, il est venu au studio, nous avons pris un petit apéritif, nous avons parlé, partagé des souvenirs, j'ai cuisiné pour deux, et nous avons passé la nuit ensemble. Si ce n'était pour l'effet renversant que me fait sa fragrance, je serais persuadé que l'on se connaît depuis des années. Lorsqu'il m'a quitté le lendemain matin, je ne pouvais m'empêcher de croire que ce que je venais de vivre constituait le début d'une longue série de premières fois. Il n'aura fallu que deux jours pour que mes pensées se confirment. Après une défense orale d'un travail aux résultats décevants, j'ai passé une soirée qui a, elle, a parfaitement rempli à mes attentes. Confrontée au fait que nos rencontres se soient faites plus rares à cause des examens, et en besoin de distraction, Abir m'a proposé de dîner ensemble à Bruxelles et d'inviter Jérémy à nous rejoindre. Autour d'un repas thaïlandais, j'ai ainsi pu constater combien ces deux-là s'entendaient bien, ce qui n'a fait qu'accroître mon amour pour Jérémy et mon affection pour Abir. Plus tard, celle-ci est rentrée chez elle, et nous avons pris la direction de Louvain-la-Neuve pour une autre nuit au studio, agrémentée d'autres découvertes. Tout va tellement vite que j'ai l'impression de ne pouvoir saisir la pleine amplitude des événements. Pourtant, je ne changerais rien au commencement de notre histoire s'il m'était octroyé de le réécrire. Le rêve semble bel et bien être devenu réalité.

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Initialement publié le dimanche 5 juin 2011

Finalement, il va peut-être falloir me faire à l'idée que, quoique je fasse, les examens sont source de stress. Je pensais avoir pu échapper à celui-ci, tant mon moral est bon et mes angoisses réduites au minimum. Cependant, n'ayant trouvé d'endroit où s'installer dans mon esprit, le stress semble vouloir se manifester à travers mon corps. Maux d'estomac, absence d'appétit, fatigue, sont autant d'effets secondaires joyeux des examens. Car, je ne peux imaginer autre origine à ces manifestations. Outre les épreuves académiques (qui occupent néanmoins 100% de mon cerveau en ce moment), tout va à merveilles.

C'est d'ailleurs ce que je racontais à Emilie autour d'un cocktail fruité vendredi soir. Malgré les circonstances, j'ai rencontré quelqu'un de formidable que je meurs d'envie de présenter à mes proches, dont Emilie bien sûr. Alors que les vacances semblent encore fort lointaines pour moi, elles semblent déjà avoir commencées pour elle, quoique, l'angoisse liée à la recherche d'un nouveau poste annule quelque peu ce sentiment. Après qu'elle m'ait raconté le déroulement de son entretien, je lui ai comté ma soirée de la veille en compagnie de Jérémy. Nous avions été manger dans un restaurant italien, pour ensuite nous enfermer dans son appartement en périphérie de Bruxelles afin de profiter d'une soirée en toute intimité. Un instant magnifique dont le souvenir s'est malheureusement que trop vite effacé étant donné les préoccupations d'une toute autre nature occupant mon esprit dès le lendemain matin.

C'est pourquoi nous avons répété l'expérience deux jours plus tard, à la différence près qu'il s'agissait cette fois d'un repas asiatique et de mon studio à Louvain-la-Neuve. Aucune distraction visuelle nécessaire, uniquement ses lèvres et nos corps entrelacés. J'aurais voulu rester coucher là pour toujours, écoutant le rythme de ses battements de coeur, la tête posée sur son torse. Une semaine sans le voir, sans respirer son odeur, semble aujourd'hui représenter un défi énorme, et pourtant, c'est celui auquel nous sommes confrontés. Si ce n'était pour ces examens, les choses pourraient être tellement différentes, il n'y aurait pas de soucis se cachant à chaque tournant. L'été n'en sera que plus jouissif je suppose.

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Initialement publié le mardi 31 mai 2011

(...) Everything is fresh. Everything is a first. Everything is foreplay. (...) And of course, those first kisses are the greatest kisses in the world.

Lundi 30 mai était la date du premier examen de cette session de 2011. Et peu importe qu'il ne s'agit plus de ma première session d'examens, ce matin-là, j'avais du mal à avaler mon petit-déjeuner. Quelques heures plus tard cependant, je suis sorti de la salle soulagé, et, plutôt satisfait de cet examen de "Management des ressources humaines approfondi". J'ai ensuite approfondi ma connaissance de la vie amoureuse d'Abir, après lui avoir raconté les rebondissements de la mienne. C'est là que réside l'un des inconvénients majeurs de la période d'examen, on ne passe largement pas autant de temps qu'on ne le souhaiterait avec ses amis. Un avantage par contre c'est qu'après un examen, on peut se laisser aller à d'autres considérations sans trop culpabiliser. Et dans mon cas, cette préoccupation portait le nom de Jérémy. J'ignore s'il s'agit de cette période de l'année, ou du fait que je me sens vraiment bien avec lui, mais, je mourrais d'envie de le revoir, et ce, le plus vite possible.

Deux jours seulement après notre premier rencard, nous nous sommes donc retrouvés au "Mandarin" à Wavre pour un long repas chinois autour duquel les bavardages se sont faits toujours aussi nombreux. Après le dessert, Jérémy m'a emmené pour une promenade autour du lac de Genval et j'ai soudain décidé que je me devais d'aborder un autre élément lié à la Chine: Mon séjour potentiel à Shanghai. Je ne voulais pas lui dire, par peur que cela ne le fasse fuir, mais, à chaque pas j'avais l'impression de le tromper en lui cachant cette donne. Après quelques instants de silence terrifiants, il a cependant ouvert la bouche et prononcé les mots exacts que j'espérais entendre. Tout en poursuivant notre promenade, j'avais du mal à croire que tout cela était réel. Il semblait régner ce flou caractéristique des rêves, la scène apparaissait trop belle que pour être vraie. Me promener main dans la main, autour d'un lac aux couleurs du soleil couchant, avec un garçon beau, généreux et avec lequel je peux parler de tout. Une part de moi-même regrettait de ne pas pouvoir vivre cet instant de façon plus intense que ce que me le permettait mon corps humain. Bien sûr, cet instant s'est écoulé que trop vite et il nous a fallu reprendre la route pour Wavre. Néanmoins, la soirée n'était pas encore terminée. Ayant du temps devant nous avant qu'on ne vienne me rechercher, j'ai pu goûter à ses lèvres parfaites, m'imprégner de son odeur enivrante et m'extraire complètement à la réalité. Que ce soit suite aux nombreuses heures passées sur Skype, ou parce qu'il existe une complémentarité inexplicable entre nous, le temps semble avoir perdu toute pertinence avec lui. Peu importe que je ne le connais que depuis une semaine, la seule chose qui importe sont mes sentiments pour lui. Des sentiments grandissants et réciproques grâce auxquels je peux sentir une lueur s'allumer dans mon regard à sa simple pensée.

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Initialement publié le dimanche 29 mai 2011

Quelques instants seulement après avoir prononcé mon retrait du marché des rencontres, tant les résultats y sont volatiles, l'action d'un nouveau personnage a subitement monté en flèche, me laissant à croire que le hasard, le destin ou encore l'univers, a un sacré sens de l'humour. Voulant éviter de passer à côté de quelque chose de peut-être spécial, tout en voulant me tenir à mes nouvelles résolutions, je me suis dit que ce serait mon attitude qui ferait la différence: J'accueillerais ce nouveau Jérémy (20 ans) en étant cool, relaxed, et en le considérant pour ce qu'il est, une potentielle amitié. And that's it.

Quelques jours plus tard, j'étais chez Emilie afin d'échapper aux préoccupations du blocus le temps d'une soirée. Mon séjour chez elle fut de courte durée, et pourtant, toutes mes réflexions académiques m'ont semblé incroyablement lointaines. Il y a eu la scène digne d'une comédie à budget réduit dans la voiture de Justine, lorsque des dizaines de poussières nous ont volé à la figure suite à l'enclenchement du souffleur. Il y a eu les délires facebookiens entre Justine et moi alors que nous étions assis dans les fauteuils côte à côte. Il y a eu le partage du nouvel album de Lady Gaga avec Emilie pendant que sa soeur regardait son émission. Et enfin, il y a eu les échanges de textos avec Jérémy qui passait lui aussi une soirée en compagnie de sa meilleure amie en guise de distraction.

Force est de constater que notre similarité ne s'arrête pas à ce petit détail. Sa maturité précoce, sa grande sensibilité, son caractère réfléchi, sa joie de vivre, sont autant d'éléments qui semblent nous rapprocher. Et donc, lorsque celui-ci a proposé que l'on se rencontre le samedi soir, c'est avec plaisir que j'ai accepté. Lorsque nous nous sommes retrouvés devant la gare de Wavre, la conversation s'est immédiatement enclenchée, comme s'il n'y avait eu d'interruption entre cet instant et celui passé sur Skype quelques heures auparavant. Autour d'un verre "Chez Constant", nous avons parlé pendant plusieurs heures, l'occasion pour moi de découvrir plus en profondeur encore ce garçon vraiment génial. Je n'en étais plus à mon premier rencard, mais c'était la première fois que je ressentais tant de choses au premier abord. En le regardant dans la voiture durant le trajet au cours duquel il me ramenait chez moi, je ne voyais pas seulement un garçon à la beauté certaine, mais surtout, un être avec qui je voulais partager nombre de choses. Au moment de se quitter, je me suis dès lors surpris à l'embrasser, un baiser dont l'intensité m'a complètement pris au dépourvu. Fini l'obsession de vouloir rationaliser mes rapports, avec lui, je ressens les choses, et d'une façon hors du commun. Je m'efforce à présent de garder une attitude légère et décontractée, mais, devant la réciprocité de nos sentiments, je n'ai qu'une envie: Savourer pleinement ces émotions naïves et me perdre dans le bleu de ses yeux...

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Initialement publié le mardi 24 mai 2011

L'année académique 2010-2011 est officiellement terminée, et avec cela prend fin l'ère des cours passés en compagnie de ma chérie Abir. Les rires entre deux cours, les clins d'oeil pendant les cours, les temps de midi ensemble, stagner quelques instants sur l'idée que plus jamais je ne vivrai de pareils moments me brise le coeur. Et pourtant, le temps passe, et tout ce que l'on aime prend nécessairement fin à un moment ou un autre. C'est pourquoi, après une matinée d'étude samedi, dans une tentative d'oublier mes chagrins, j'ai accepté l'invitation de John de me joindre à lui pour une après-midi à Bruxelles. Seulement, en descendant du train à Leuven en mode James Dean, j'ai découvert qu'il n'était pas seul. Outre Théo et Alphy, celui-ci était accompagné de Loïc et Sylvia, deux amis de Lyon dont je n'ai douté une seconde qu'ils seraient tout aussi géniaux que les deux premières personnes auxquelles John m'avait introduit par le passé.

Les deux Lyonnais n'ayant jamais vu la capitale de la Belgique, nous les avons fait visiter ce que celle-ci offre de meilleur: la Grand Place, Manneken Pis, la Galerie Agora, la Galerie Royale, la Cathédrale Saint-Michel et Gudule, le Mont des Arts, le Palais Royal, la Bourse... Une journée ensoleillée dont j'espérais que rien ne vienne y mettre un terme. Et visiblement, John ne voulait pas non plus que celle-ci se termine, ce dernier ayant insisté pour que je rentre avec eux à Liège. Incapable de dire non à ces amours, je me suis donc retrouvé dans le train en direction de Liège, pour un trajet dont les nombreux fous rires et délires en tous genres ont fortement réduit la perception de sa durée. Devant la scène formée par John en train d'étouffer de rire pendant que Théo essayait de le convaincre de ne pas révéler un secret dont j'étais complice, je n'arrivais pas à croire qu'en si peu de temps, j'ai pu construire une amitié si forte avec ces personnes.

En rentrant à l'appartement, John s'est mis à cuisiner, et nous avons profité d'un repas délicieux devant quelques émissions stupides. Un peu plus tard, nous avons utilisé le même écran pour visionner les photos géniales prises devant le Palais durant l'après-midi. Photos qui confirmaient mon idée selon laquelle nous formions un sacré groupe, à la photogénie certaine. La soirée s'est poursuivie jusqu'au moment où nous étions complètement exténués, entre 01:00 et 02:00. Je partageais la salle de séjour avec Loïc pour passer la nuit, et, malgré l'heure avancée, malgré qu'on devait se lever tôt, malgré qu'on se connaissait à peine, on s'est mis à parler ouvertement de sujets intimes tels que nos relations antérieures, nos rêves, nos espoirs, nos peurs... Me voilà en train de discuter avec quelqu'un sans tabous, en train de découvrir une personne vraiment intéressante, qui semble partager mon intérêt et ça, sans avoir fait le moindre effort pour y parvenir. Bien sûr, chanceux comme je suis, Loïc vit à Lyon et donc notre relation n'ira jamais plus loin que cette nuit d'échange intime (j'ai quelque chose avec les mecs vivants à distance, c'est dingue). Cependant, ce moment m'a persuadé du fait que je ne veux plus vivre d'autres dates à découvrir encore un Xième garçon. J'ai l'impression de les avoir déjà tous vus, plus aucun ne sort du lot, me fait vibrer. Au final, what's the point? Et puis, peut-être que ce que dit Rutger est vrai, tous ces rendez-vous créent des liens biaisés qui inévitablement mènent à rien, ma rencontre avec Loïc ayant fini de m'en convaincre, tant c'était naturel et facile. Donc, en ce début de période d'étude intensive, j'ai décidé que j'entrerais en hibernation prématurée concernant les rendez-vous, et que je me répèterais chaque matin cette connerie issue de la culture populaire selon laquelle il ne faut pas chercher, qu'il viendra tout seul when the moment's right.

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Initialement publié le jeudi 19 mai 2011

Le weekend dernier était dans le signe de la détente et de la gaieté, cet adjectif pouvait être pris dans les deux sens phonétiques du terme. En effet, samedi était la gaypride. Et bien qu'à priori je sois opposé au principe de tenir une parade pour les homosexuels et genres apparentés - il n'existe pas non plus une "hétéropride" - je suis également de principe qu'il ne faut rejeter quelque chose à moins de l'avoir essayé. C'est pourquoi, sur insistance de Soufian, j'ai accepté de l'accompagner, lui et son copain, à cet événement haut en couleurs. Je ne dirais pas que cet après-midi figure parmi mon top 10 de mes meilleurs moments, mais, il était tout de même hautement divertissant, notamment suite aux nombreux regards s'étant dirigés vers ma personne. Plus tard dans la soirée, j'étais auprès d'Emilie et Justine pour célébrer un autre événement clé de la culture gay, à savoir l'Eurovision. Depuis toujours je suis un spectateur fidèle du spectacle à l'origine du succès mondial d'Abba et, aujourd'hui, cela semble prendre tout son sens, en particulier devant l'ennui que cette diffusion semblait inspirer à ma compagnie.

Le lendemain au soir, alors que j'écoutais "Bang Bang", l'émission radio gay de Pure FM, encore une fois sur insistance de Soufian, je me suis mis à réfléchir au fait d'être gay. Ou plutôt, aux diverses implications que ce terme semble porter. Dans une société qui est obsédée par le fait d'étiqueter les gens, une orientation sexuelle s'est faite synonyme de bons nombres d'éléments, tels qu'un style vestimentaire, certains goûts musicaux ou encore des passe-temps favoris. Mais qu'en est-il si l'on n'adhère pas à ces pratiques? Faut-il alors s'y opposer et les combattre, ou, tout simplement considérer que l'on ne fait pas partie de ce groupe? C'est la position que certains semblent adopter, comme j'ai pu le constater avec ce jeune garçon des Philippines avec lequel j'ai discuté quelques fois et qui, bien qu'avoir eu l'une ou l'autre relation masculine, ne se considère pas gay. Peut-être est-ce pour la même raison que des connaissances à moi déplorent profondément la gaypride, tant celle-ci donne une vision tronquée de la population homosexuelle, nourrissant ainsi les stéréotypes ancrés dans de nombreux esprits. La vérité est que, parmi les LGBT - Lesbian, Gay, Bisexual and Transgendered people - nombreux sont ceux qui se considèrent similaires aux autres membres de la société, contrairement aux disciples de Lady Gaga (référez-vous à l'édition spéciale du Metro de mardi) qui ne veulent qu'une chose, affirmer leur identité, et ce faisant, leur différence.

Que l'on soit dans un camp ou dans l'autre, peu importe, personne n'a tort ou raison. Ceux qui ne se considèrent pas différents simplement sur base de leur orientation sexuelle souffrent de la surexposition des autres. Mais, ces derniers ne sont fautifs pour autant. Le fautif est Mr. Tout-le-monde pour inférer que les activités de ces quelques-uns suffisent à résumer tous les autres. Le sentiment d'appartenir à une communauté peut être rassurant, en particulier lorsque la solitude vient peser sur notre quotidien. Je le ressens moi-même, devant l'incertitude de mon départ pour Shanghai en août prochain, devant l'incertitude de mon avenir tout entier, je ne sais vers qui me tourner. Peut-être n'y a-t-il que vers moi-même que je peux me tourner, ce voyage ne dépendant que d'une chose, à savoir ma capacité à prouver ma valeur une fois de plus. Tout ce que l'on peut faire c'est garder un oeil sur ses objectifs, persévérer dans ses efforts et qui sait, peut-être sera-t-on un jour agréablement surpris de voir que, sur la route, on a pu ramasser quelques joyaux inattendus.

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Initialement publié le vendredi 13 mai 2011

C'est une chose inévitable dans la vie de chacun: Certaines personnes y entrent, d'autres en sortent, et extrêmement rares sont celles qui y restent. Les rencontres peuvent naître dans la rue, comme elles peuvent émerger suite à un parcours académique en commun, ou encore, un point de recherche similaire. De la même manière, les relations peuvent prendre fin pour divers raisons, distance géographique, aliénation de l'affection, ou divergence des perspectives. Le résultat est que notre base de données relationnelle n'a de cesse d'être mise à jour, ceci pouvant être vu comme triste ou au contraire, extrêmement excitant. Mais peu importe le camp où l'on se situe, l'un des meilleurs sentiments est celui de savoir que, quoiqu'il arrive, où que l'on soit, il est certaines personnes qui seront toujours là.

J'ai passé la journée de mardi à Mons, les raisons à cela n'était pas d'ordre touristique, mais bien d'ordre sentimental. Voilà deux semaines depuis que Jérémy et moi nous étions rencontrés pour la première fois, et pourtant, nos sentiments n'étaient pas plus près d'être sur la même hauteur. Oh combien de fois le cinéma ne nous a-t-il pas montré d'exemples où les sentiments des deux personnages sont parfaitement alignés, inconditionnellement réciproques, "Water for elephants" ne dérobant pas à cette règle. La réalité cependant peut être toute autre. C'est ainsi qu'autour d'un repas chinois à Uccle, sans protection fournie par quelque technologie de communication qu'il soit, vulnérables et nus, nous avons reconnu la distance nous séparant. Suis-je trop sélectif, ou est-ce que je manque de chance pour n'avoir toujours pas rencontré le bon? Toujours est-il qu'il m'a fallu établir que Jérémy ne l'était pas. Et juste comme ça, de celui ayant eu le coeur brisé, on passe au statut de celui ayant brisé un coeur.

Après ces adieux douloureux, j'ai passé les jours suivants avec la personne dont j'espère ne jamais me séparer, bien que je sache qu'un jour nos voies respectives nous mèneront vers des horizons différents. Voilà des semaines que je n'avais plus passé de temps exclusivement avec Abir et, en la rejoignant à Bruxelles ce mercredi-là, ça m'a frappé combien elle m'avait manqué. Heureux de simplement pouvoir passé du temps ensemble, nous nous sommes contentés de la compagnie de l'autre pour embellir cette journée. Déjeuner thaïlandais dans la Galerie Louise, (pas si brève) escale à l'ambassade turque pour l'obtention du Visa d'Abir, coupes de glace fruitées au cimetière d'Ixelles et promenade dans le Bois de la Cambre. Au-delà de nos t-shirts blancs assortis ce jour-là, nos états d'esprit continuaient donc d'être complémentaires, que ce soit à travers nos délires photo et vidéo, ou nos conversations mode, sexe et amour. Conscients que dans un avenir proche nos préoccupations estudiantines nécessiteraient l'entièreté de notre temps, nous avons décidé de mettre ce vendredi 13 à profit d'une seconde journée en tête à tête. Quelques heures de flânerie aquatique chez Océade, suivies de quelques parts de pizza chez Mamma Roma, soit une journée exempte de malheur, contrairement à ce que veut la superstition. Plus encore, une journée parfaite, dont le simple souvenir peut suffire pour retrouver le sourire.

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Initialement publié le samedi 7 mai 2011

Mardi j'ai passé l'après-midi entière en compagnie de Jérémy. Et je me sentais bien. Après son départ par contre, c'était retour aux activités académiques. Car, bien que les cours se fassent de plus en plus rares, la plupart d'autres eux ayant atteint leur terme, ce n'est pas pour autant que les préoccupations estudiantines ont pris fin. Qu'il s'agisse d'un dernier travail de groupe dont on voit difficilement la fin, ou de travail que l'on décide de traiter de façon anticipée, l'agenda semble ne jamais se vider. Dès lors, on peut finir avec l'impression qu'il ne nous reste plus d'énergie ou de volonté pour traiter nos soucis davantage personnels, intimes.

Le souci dans les relations c'est que l'on n'est jamais seul, on est toujours en présence de deux protagonistes ou plus. Et lorsque ces deux acteurs ne sont pas sur la même longueur d'onde, les véritables problèmes commencent. Peu importe que chacun soit ouvert concernant ses intentions et ses sentiments. Peu importe que chacun passe un bon moment lors des quelques réunions. Qu'on le veuille ou non, notre coeur peut prendre une direction opposée à celle indiquée par notre cerveau. Bien souvent, les rôles se départagent alors de la façon suivante: Il y a celui qui considère le "je t'aime", et il y a celui qui considère tourner le dos à un avenir ensemble.

Chanceux ou maudit, j'ai déjà vécu l'histoire des deux points de vue. Et, dans le récit actuel, c'est celui du briseur de coeur que je semble adopter. Il est tentant de croire que le personnage dans ce camp est forcément le méchant, ce dernier sortant indemne du combat, alors que l'autre hérite de toutes les blessures. Mais, en réalité, les choses ne sont jamais aussi simples que dans les contes. En particulier lorsque, incapable de s'ouvrir à l'autre, on tire la conclusion que la personne est incapable de s'ouvrir à qui que ce soit. Pourquoi l'origine du problème serait-elle nécessairement à chercher chez celui qui renonce? Ou encore, pourquoi faudrait-il absolument désigner un coupable?

La vérité est que, à partir du moment où l'on est deux dans l'histoire, et que chacun est honnête, les responsabilités ne peuvent être que partagées. Chacun des acteurs veut poursuivre dans la même direction, vivre d'autres entrevues remplies de sourires et de complicité. Ce qui nous en empêche est la signification de ces instants pour l'un et l'autre. Alors que pour l'un, leur sens est on ne peut plus clair, pour l'autre, des éléments tels qu'un emploi du temps chargé ou des questionnements personnels, en rendent le sens incertain. Dès lors, dans la mesure où les deux parties sont consentantes, faut-il poursuivre les rencontres, ou s'agit-il d'égoïsme de la part de l'hésitant?

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Initialement publié le dimanche 1er mai 2011

Famille. Un mot à sept lettres dont la signification devrait être universelle. Mais, mon expérience me dit que ce qui définit vraiment la famille est différent pour chacun, fonction de son vécu. Au fond, la famille ne représente-t-elle pas les personnes en compagnie desquelles on passe la majorité de notre temps? Celles qui sont proches de notre coeur et qui sont là en cas de besoin? Celles avec qui une complicité profonde s'est construite au fil des années? Je pense alors à mes frères, mes parents, mais aussi mes meilleures amies. D'autres pensent peut-être à leurs cousins, oncles et tantes. Ceux-ci ont alors pu tisser des rapports favorables avec ces personnages. Mais, l'existence d'un lien de sang ne constitue nullement la garantie d'une relation favorable. Que du contraire, souvent celui-ci est synonyme d'hypocrisie et mensonge. Quoi de plus normal puisqu'il nous faudrait construire un lien basé exclusivement sur une biologie lointaine. Dès lors où ces personnes sont médiocres, vivent dans un temps et un espace complètement différents du nôtre, leur valeur est comparable à celle d'un vulgaire passant croisé dans la rue. Bien que l'on ne puisse choisir sa famille généalogique, on peut choisir d'y être parfaitement indifférent, pour dès lors se constituer sa famille de coeur.

Il est les personnes que l'on considère pour une éventuelle intégration à notre famille. Seulement, avant de laisser entrer quelqu'un dans ce club exclusif, un examen en profondeur s'impose. Pour notre second rencard avec Jérémy, nous avons décidé de nous rendre à Anvers pour une après-midi shopping. Après un déjeuner chez "The food maker", et quelques essayages dans mes enseignes préférées, nous nous sommes posés autour d'un verre pour une conversation à coeur ouvert. Il était un voyage dans un avenir plus ou moins proche que je voulais aborder avec lui, et, fidèle à l'image que j'avais de lui, J. a réagi de façon rêvée. Sensible, conciliant, ouvert, il n'a de cesse de remplir les critères définissant l'homme idéal. Dès lors, je ne pouvais m'empêcher de croire qu'il était ridicule de continuer à le considérer comme contraire à la personne avec laquelle je m'imaginais. Je ne me soucie guère de ce que les gens pensent de moi, alors, pourquoi m'obstiner à ne pas respecter ce principe lorsqu'il s'agit de mes relations? Une chose est sûre, ce que j'ai ressenti en le quittant était réel, approbation ou non.

Et puis il est des personnes que l'on connaît depuis tant d'années que les souvenirs se comptent par dizaines. Dès lors, il est conseillé de raviver ces quelques instants mémorables de temps à autres. Après avoir été coincé pendant tout mon début de soirée au beau milieu de la région flamande à cause d'un arbre tombé sur les rails, empêchant par la même occasion mon retour d'Anvers, je me suis rendu chez Emilie, mon "weekend bag" sur l'épaule. Bien que la date officielle était mardi, suite à nos emplois du temps respectifs, nous avons décidé de fêter son anniversaire le weekend. Etant donné qu'il s'agissait de la 6e année consécutive au cours de laquelle nous célébrions l'événement, j'ai décidé de le marquer à l'aide d'un cadeau spécial: un rideau photos arborant quelques 28 clichés à l'image de notre histoire. Une histoire pleine de complicité, de rires, et d'amour, ce dernier élément étant définitivement le plus pertinent lorsque l'on veut parler de ce mot en sept lettres.

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Initialement publié le mercredi 27 avril 2011

Il est des temps dans notre vie où l'on a l'impression de ne plus pouvoir suivre, où chaque instant semble s'écouler plus rapidement que la normale, où l'on se sent engager dans une course folle contre la montre. Bien qu'en théorie j'étais en vacances, mon engagement comme jobiste étudiant chez Delhaize a quelque peu influencé ma perception de ces deux semaines de congé printanier. D'autant plus que les quelques moments libres se devaient d'être consacrés aux travaux de groupe venant à échéance. Le résultat est que je n'ai plus vu Abir depuis ce qui apparaît comme une éternité. Mais, bizarrement, cet emploi du temps chargé ne m'a pas dérangé. Que du contraire, je me suis aperçu que c'est dans ces instants que je me sens le plus vivre. C'est l'occasion de se prouver, l'occasion de vraiment goûter à la vie adulte, l'occasion de se vider l'esprit. Car, au plus les journées se font remplies, au moins les opportunités se présentent de se morfondre dans ses pensées et sentiments. Peut-être est-ce là que réside le secret d'une vie épanouie: mettre ces bullshit d'émotions de côté, jusqu'à les oublier, ou même jusqu'à les laisser disparaître.

Dimanche, jour de Pâques, en plus des nombreux oeufs en chocolat, les cloches m'ont fait cadeau d'une journée de repos le plus complet, celle-ci étant d'autant plus jouissive que je l'ai partagée avec Emilie. Alors que la veille au soir nous sommes restés enfermés devant "A single man", en ce 24 avril, nous avons profité pleinement des rayons de soleil. Et lorsque ceux-ci se sont estompés, une chaleur estivale a continué de régner dans l'air, rendant la demi-heure passée devant le glacier de Wavre d'autant plus agréable. Dès le lendemain par contre, c'était retour à un rythme effréné, partagé entre divers préparations telles que celle de mon retour au studio ou celle de la présentation L'Oréal. A mon grand soulagement, mon stress n'a pas été apparent lors du déroulement de celle-ci mardi après-midi. A peine avais-je quitté les préparatifs d'une autre présentation, que j'avais un autre rendez-vous, ce dernier étant d'un tout autre genre.

Dans mon agenda overbooké, j'ai trouvé un créneau pour rencontrer quelqu'un. Son nom était Jérémy, 30 ans, inspecteur de police, et surprisingly into me. Ce premier rencard s'est déroulé de la même manière que notre contact virtuel, à savoir très condensée. Un passage rapide au studio pour me changer a été suivi par un tour du lac, lui-même suivi par un thé chez "Empreintes nomades", suivi ensuite par un dîner chez mon Italien préféré, lui-même suivi enfin par un DVD au studio. Son comportement était exactement celui dont on rêve tous: plein de compliments, honnête, câlin. Pourtant, je ne ressentis pas l'addiction comparable à une drogue et le manque qui s'en suit. Une part de moi est convaincue qu'il s'agit d'une simple conséquence du fait que l'on ait pris le DGV, Drague à Grande Vitesse. Mais quoi si la raison est à chercher ailleurs? Se peut-il qu'après toutes ces soirées passées à se convaincre que les hommes ne valent rien afin de se protéger, on finit par être incapable de s'ouvrir lorsqu'une exception se présente? Ou est-ce un signe que ce n'est pas le bon? A une époque où notre cerveau semble être l'organe le plus sollicité, quand la rationalisation prend-elle trop de terrain?

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Initialement publié le lundi 25 avril 2011

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Initialement publié le dimanche 17 avril 2011

A l'occasion de mon job étudiant comme caissier au Delhaize, je passe la majorité de mes journées à interagir avec des séniors pour lesquels les courses représentent l'une de rares sorties de la semaine. Refusant de m'apparenter à cette catégorie d'âge, je saisis donc toute opportunité de quitter la maison pour échapper aux souvenirs de codes barre et écrans tactile.

J'ai passé le premier weekend des vacances en compagnie d'Emilie. Une première moitié chez moi, une seconde moitié chez elle. Traiteur chinois, Glee, promenade, photos... Un moment détente confortant son statut de soeur à mes yeux. Mercredi, suite à l'annonce qu'Abir n'était pas libre pour que l'on se voit, j'ai décidé d'aller à Anvers pour mettre à profit mon jour de congé. J'avais entendu parler de cette exposition au "ModeMuseum" intitulée "Un fil à dénouer - Le tricot dans la mode", c'est donc là où je me suis rendu, le musée n'étant pas très loin du Meir. L'exposition s'est révélée être intéressante et elle a eu sur moi l'effet escompté, notamment raviver l'intérêt pour le tricot à travers diverses pièces de créateurs fort désirables (Chanel, Prada, Alexander McQueen). Il s'avère que par son côté élégant et tout à la fois confortable, le tricot a participé au mouvement de libération de la femme dans années 20, et plus particulièrement celui des années 60, avec entre autres l'ouverture par Sonya Rikiel d'une boutique dans le quartier latin en 68. Après ma visite, je me suis redirigé vers le Meir, passant ainsi devant la fameuse boutique Dries Van Noten (mon créateur belge préféré) et croisant un participant de la Nouvelle Star flamande faisant apparemment de la promo auprès de quelques adolescentes. Parmi les nombreuses boutiques, il me fallait faire un tour chez Urban Outfitters et Zara, mais sans succès, faute d'articles disponibles dans ma taille. Autre arrêt obligatoire, le Starbucks, où j'ai opté cette fois pour un Ice Chai Tea.

Ma prochaine sortie a eu lieu le samedi, après avoir travaillé la matinée. Je me suis rendu à l'Esplanade afin de mettre la main sur le blazer blanc faisant partie de la "Conscious collection" par H&M, une initiative que j'apprécie d'autant plus que je comprends pleinement cette démarche grâce à mon cours de "Corporate Social Responsibility". J'en ai profité pour passer chez Zara, afin d'y découvrir que beige+brun+bleu électrique forment une combinaison étrangement réussie. Ayant ainsi dépensé une partie de mon salaire de façon anticipée (remerciements à la banque "Papa & Maman"), j'étais plus que jamais convaincu que la maxime "L'argent ne fait pas le bonheur" est une invention de riches pour éviter que les pauvres ne se révoltent. A peine étais-je bien rentré que j'ai rassemblé mes affaires pour un petit séjour improvisé à Liège. Après avoir fait quelques courses avec Théo et John (et voilà deux couples gay dans mon cercle d'amis), ce dernier s'est senti comme un énorme cliché alors qu'il cuisinait pendant que Théo faisait la conversation à l'invité du jour, moi en l'occurrence. Plus tard dans la soirée, nous sommes allés à l'Open bar, la boîte gay de Liège dont j'avais évidemment déjà entendu parler. Une expérience qu'il faut avoir vécu. Bien qu'il s'agissait d'une soirée spéciale travestis, au-delà des personnages colorés, j'en retiens surtout la piste de danse dans le sous-sol, bondée à un point que l'oxygène semblait s'être fait rare. Oh et puis l'homme d'âge mûr qui m'a effleuré de façon peu subtile. Ca n'a pas de prix. Vers 2h, nous avons décidé de quitter cet endroit, pour aller boire un verre dans cet autre endroit tenu par des amies lesbiennes de John. Nous avons finalement pu rejoindre l'appartement de Théo vivants, et ce malgré le taux d'alcoolémie dans notre sang, taux qui ne semblait pourtant pas suffire à mes deux compagnons qui ont encore ouvert une bouteille en rentrant pour un "Je n'ai jamais..." ayant viré en conversation fruits et légumes. Le lendemain matin, alors que j'ai surpris Théo en train de peindre ses croquis de mode, autre élément devant lequel j'ai été émerveillé après l'architecture de son appartement, j'ai réalisé la chose suivante: Etre ami avec quelqu'un en couple peut être dérangeant dans la mesure où ils auront inévitablement des signes d'affection l'un en vers l'autre. Mais, d'un autre côté, c'est comme obtenir deux amis pour le prix d'un, des amis ouverts avec lesquels on se sent parfaitement à l'aise.

... Et puis, en sortant du train à Leuven, un garçon vous dit "Schoon, schone jongen" et vous le niez en bloc, car ignorant si ces paroles sont sincères ou s'il s'agit d'un hétéro se foutant de vous. Trouver un copain dans ce pays, c'est définitivement mission impossible.